Rimbaud also lifts veils

A French colleague who just finished the book was inspired by the veils in the last chapter to send me a prose-poem by Rimbaud, preceded by his own thoughts about lifting veils (of the goddess Isis, not Maya).

“Il y a des parties qui sont trop philo/histoire pour moi, j’ai surtout apprécié la tentative honnête et sincère de répondre aux what and why. Il y a le problème du plaisir, aussi … Je suis bien d’accord, mais c’est un plaisir qui n’est pas sans ambiguités, ne faut-il pas aussi mentionner une forme de souffrance (c’est dur et ça ne cesse de nous échapper). Ma condition de mathématicien, c’est une curiosité tenace sans cesse réarmée par la frustration de ne rien comprendre, c’est dans le cadre de cette condition que j’essaye de m’inventer libre, et c’est ce mouvement d’émancipation que j’associe d’abord au plaisir en mathématiques. “Il faut imaginer Sisyphe heureux”, disait Camus, “la lutte vers les sommets suffit à remplir un coeur d’homme”. Je suis  aussi sensible au “cadre relaxé”, au “jeu” et à la beauté des paysages, mais j’essaye avant tout de soulever les voiles.

“What and why? J’aime beaucoup ce poème de Rimbaud.”

Aube

J’ai embrassé l’aube d’été.

Rien ne bougeait encore au front des palais. L’eau était morte. Les camps d’ombres ne quittaient pas la route du bois. J’ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit.

La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.

Je ris au wasserfall blond qui s’échevela à travers les sapins: à la cime argentée je reconnus la déesse.

Alors, je levai un à un les voiles. Dans l’allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l’ai dénoncée au coq. A la grand’ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre, je la chassais.

En haut de la route, près d’un bois de lauriers, je l’ai entourée avec ses voiles amassés, et j’ai senti un peu son immense corps. L’aube et l’enfant tombèrent au bas du bois.

Au réveil il était midi.

Galois, who was not unaquainted with souffrance, has been called the Rimbaud of mathematics.  So I guess that makes him this band’s lyricist.

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